Entretien avec MM. Jérôme Paris et Nicolas Reiss, dirigeants associés de l’entreprise de menuiserie Paris Reiss
Jérôme Paris et Nicolas Reiss nous ont reçus cet été, en pleine canicule, sur un chantier à Hostens sur lequel ils étaient en train de réaliser le bardage d’une maison landaise. Cela devait leur prendre environ deux semaines, et les deux hommes priaient pour que la pluie ne vienne pas les couper dans leur élan.
J. Paris et N. Reiss sont associés depuis 5 ans, mais cela fait maintenant 12 ans qu’ils travaillent ensemble. Ils étaient alors salariés d’un ébéniste d’art installé chez AAES à Saucats. « C’était la première entreprise installée à Migellane », se rappelle N. Reiss.
Doté d’un CAP et d’un Brevet Professionnel de menuiserie, Nicolas Reiss a toujours exercé de métier. Jérôme Paris, lui, vient d’un tout autre domaine : il a été successivement éleveur, maraîcher, et a même exercé la profession de responsable de production dans une entreprise de mise sous pli ! C’est après un licenciement qu’il s’est reconverti dans la menuiserie en passant en 2008 un CAP en alternance : « C’est ce que j’avais envie de faire depuis plusieurs années déjà ! », nous explique-t-il.
Il y a 5 ans, suite à la fermeture de l’entreprise qui les employait, J. Paris et N. Reiss décident de s’associer et de créer leur propre entreprise de menuiserie : la SARL Paris Reiss.
Une activité variée, centrée sur la qualité
Certifiée RGE Qualibat, l’entreprise Paris Reiss propose à ses clients la fourniture et la pose de toutes les fermetures de la maison, en bois, en alu ou en PVC qu’il s’agisse de fenêtres, de portes ou de volets. « Nous réalisons aussi des vérandas et des pergolas bioclimatiques », explique Jérôme Paris.
« Tout cela constitue 40 % de notre activité », complète N. Reiss, « car, nous faisons également des terrasses, des bardages comme ici pour l’isolation par l’extérieur, des parquets, des cuisines, des salles de bains ou encore des aménagements de placards. »
Lorsque la finition le nécessite, ils interviennent aussi sur la maçonnerie, la plaquerie, l’électricité et la petite plomberie, « mais uniquement pour modifier ce qui existe déjà et mettre en œuvre une cuisine ou une salle de bains, comme le prévoit notre décennale » précise N. Reiss.
Les deux hommes insistent sur les valeurs qu’ils partagent et qui ont motivé leur association : la qualité du travail réalisé et des matériaux employés, le respect des délais et des intérêts du client, et la réactivité. « L’important dans ce métier est d’établir un excellent relationnel avec les clients. À chaque chantier, nous nous engageons à réaliser ce qui est établi dans le devis, dans les règles de l’art et en soignant les finitions », insistent-ils.
Un peu de prospection et beaucoup de recommandations
Pour développer leur activité, les deux artisans ont prospecté et participé à des salons. Dernièrement leur participation au Salon Habitat au Barp a généré la commande qu’ils sont en train de réaliser. Le bouche-à-oreille a ensuite bien fonctionné, puisque deux des voisins du propriétaire de la maison en cours de réfection, sont venus leur demander des devis.
« Le site internet qui montre de nombreux exemples de réalisations rassure nos futurs clients sur le sérieux de notre entreprise », ajoute N. Reiss. Le portefeuille client de l’entreprise est constitué à 20 % de professionnels pour lesquels ils réalisent des travaux en sous-traitance. « Nous travaillons essentiellement avec des particuliers, mais aussi pour des entreprises, notamment sur la technopole Montesquieu à Martillac. Notre champ d’intervention couvre la CUB entre le Bassin d’Arcachon, Bordeaux et Langon », complète J. Paris.
Tout cela fait que le carnet de commandes de l’entreprise Paris Reiss est rempli pour les 3 mois à venir. Son chiffre d’affaires est en hausse d’année en année, même si les deux associés avouent ressentir la crise comme beaucoup d’autres entreprises.
« Il y a encore quelques années, nous avions 5 ou 6 mois de visibilité. Aujourd’hui, c’est plus difficile. Nous regrettons notamment que les charges qui pèsent sur notre activité soient si importantes et qu’elles augmentent d’année en année, ce qui fait que malgré la hausse de notre CA, nous sommes juste à l’équilibre tous les ans ! »
Un métier de passion et d’excellence
S’il est difficile dans ce contexte de prévoir l’avenir, N. Reiss et J. Paris, tous deux Maîtres artisans, ont tout de même à cœur de transmettre leurs connaissances aux jeunes apprentis qu’ils emploient.
« Pour nous, il s’agit d’un investissement à la fois financier, moral et humain, car l’apprenti partage notre quotidien pendant 3 ans. Il serait bon que l’état prévoie des mesures permettant à de petites entreprises telles que la nôtre d’embaucher l’apprenti à l’issue de sa formation, par exemple en nous exonérant des charges pendant une certaine période. Cela permettrait de pérenniser l’emploi des jeunes tout en donnant un coup de pouce aux entreprises qui souhaitent se développer », concluent les deux associés, qui ont récemment dû voir partir à regret un jeune apprenti qu’ils avaient formé, parce qu’ils ne pouvaient pas prendre le risque de l’embaucher.
Écrit par Catherine Marqueze - Un Point -